mardi 12 mai 2015

Les maires


janvier 1790Première élection municipale, suite à l'assemblée du 31 janvier 1790, sous la présidence de Jean-Baptiste Touzalin, archiprêtre de Gençay et curé de Savigné, et du secrétaire Jacques Marie Pressac de la Forgerie, ainsi que de trois scrutateurs qui furent : Louis Minereau, Jean Blanchard et Pierre Lucquiaud. Ce jour-là, furent élu :
  • Jean Debenest, du village de Lizac, maire.
  • Jean-Baptiste Touzalin, premier officier municipal.
  • Benoit Brunet, second officier.
  • Jean Moreau, de Vergné, troisième officier.
  • Jacques Caillé, quatrième officier.
  • Jean Blanchard, cinquième officier.
  • Guy Imbert, chirurgien, procureur de la commune.
  • notables : Pierre Moreau, de Villeneuve, Jean Vergeau, Pierre Albert de Combourg, Jean Tribot, Jean Bert, Pierre Imbert Belâbre, Antoine Bonnin de la Coratière, Jean Fretier, Jean Guitton, François Provost, Jacques Tenault et Jean Bonnin, dit Élie.
1800-
1806
Pierre-Jacques Dupuy.
1806-
1812
Jean-Étienne Serph.
1812Joseph Albert. Fils de Louis-Pierre et de Julie Corderoy, il décéda le 30 avril 1856, à son domicile sis à Bellevue.
Conseil de 1833 : Marchive (adjoint), Leclerc, Debenest, Pierron, Trasleboux, Massias, Minot, Cardin, Brouillet, Bernardeau, Guitton, Arnaud, Fombelle, Talbot et Robin.
septembre 1848Ferdinand Marchive.
mai 1849Denis Pestureau, fils de Pierre et de Marie Granier, naquit le 14 vendémiaire de l'an XIV à Saint-Pierre-d'Exideuil. Il épousa, le 17 février 1830, à Blanzay, Françoise Mauduit, puis fut propriétaire au Tardy, et y mourut durant son second mandat de maire, le 23 octobre 1859.
1850François Minot.
1857Denis Pestureau.
1859Louis-Pierre Artamène Albert, né le 22 novembre 1816 à Savigné, était le fils de Joseph, ancien maire de la commune, et d'Anne Imbert. Il mourut sans alliance, le 24 juillet 1890 à Bellevue, en sa commune.
1860
Gusman Serph
(1820-1902)
Gusman Marc Serph, « fut, à 24 ans, chef de cabinet du préfet M. d'Imbert de Mazères, et fut attaché à la préfecture de la Corse de 1849 à 1851. Rentré dans la vie privée en 1852, après le coup d'Etat, il s'occupa principalement d'agriculture et mérita de nombreuses récompenses aux expositions régionales (v. Les Engremys des Serph). Président du comice agricole de la Vienne, conseiller général de la Vienne, et d'opinions orléanistes, il échoua comme candidat indépendant au Corps législatif dans la 3e circonscription de la Vienne, le 1er juin 1863, avec 6,631 voix contre 10,775 à l'élu, M. Bourlon, candidat officiel. Elu, le 8 février 1571, représentant de la Vienne à l'Assemblée nationale, le 3e sur 6, par 56,506 voix (62,819 votants, 95,858 inscrits), il prit place au centre droit, et vota avec la majorité, pour la paix, pour l'abrogation des lois d'exil, pour la pétition des évêques, contre le service de trois ans, pour la démission de Thiers, pour le ministère de Broglie, contre l'amendement Wallon, pour les lois constitutionnelles. Réélu, le 20 février 1876, comme candidat du « Comité national conservateur », député de l'arrondissement de Civray, par 6,718 voix (10,800 votants, 13,914 inscrits), contre 3,984 à M. Couteaux, républicain, grâce à l'appui du parti bonapartiste auquel il promit 1 appel au peuple en 1880, il prit de nouveau place à droite, et, au 16 mai, soutint le ministère de Broglie contre les 363. Réélu, le 14 octobre 1877, par 7,517 voix (11,163 votants, 14,224 inscrits), contre 3,584 à M. Couteaux, il fut, en décembre 1879, l'un des fondateurs du groupe constitutionnel auquel la mort du prince impérial donna pendant quelque temps une certaine importance; il était alors vice-président du conseil général de la Vienne. Réélu de nouveau, le 21 août 1881, par 6,192 voix (12,039 votants, 14,917 inscrits), contre 5,769 à M. Merceron, il fut invalidé et dut se représenter devant ses électeurs qui le renommèrent député, le 2 juillet 1882, par 6,988 voix (12,564 votants, 15,320 inscrits), contre 5,520 à M. Merceron. Il continua de siéger à droite, et de combattre par ses votes la politique scolaire et coloniale des ministères républicains. Porté sur la liste conservatrice de la Vienne, le 4 octobre 1885, il fut réélu, le 1er sur 5, par 42,962 voix (80,919 votants, 101,883 inscrits), continua de voter avec la minorité de droite, et, dans la dernière session, s'abstint sur le rétablissement du scrutin d'arrondissement (11 février 1889), et se prononça pour l'ajournement indéfini de la révision de la Constitution, contre les poursuites contre trois députés membres de la Ligue des patriotes, contre le projet de loi Lisbonne restrictif de la liberté de la presse, contre les poursuites contre le général Boulanger. » '"Biographie extraite du dictionnaire des parlementaires français de 1789 à 1889" — Adolphe Robert et Gaston Cougny). « Gusman Serph fut élu à nouveau député de la Vienne, dans la circonscription de Civray, le 22 septembre 1889, au premier tour de scrutin, avec 7.189 voix sur 15.403 inscrits et 10.082 votants. Se présentant comme candidat conservateur-révisionniste, Serph qui, le 11 février 1889 à la Chambre, s'était abstenu dans le vote sur le rétablissement du scrutin d'arrondissement, demandait que l'on donnât la parole à la France. En 1893, il écrivit qu'il avait été trompé dans ses espérances, la dernière Chambre n'ayant fait que suivre les errements de celles qui l'avaient précédée depuis 1876. Dénonçant scandales, procès honteux, turpitudes et marchandages, il invita « le pays désabusé à n'envoyer à la Chambre prochaine que des députés résolus à poursuivre le retour de l'honnêteté dans l'exercice du pouvoir ». Au premier tour, il fut en ballottage avec 5.408 voix contre 2.973 à Brouillet et 2.339 à Salmon, sur 15.410 inscrits et 12.887 votants, mais il l'emporte au second, le 3 septembre, par 6.199 voix contre 5.915 à Brouillet, sur 15.408 inscrits et 12.331 votants. A la Chambre, il devint. membre de diverses commissions et président de plusieurs bureaux. Il déposa des propositions tendant à l'indemnisation des victimes de calamités agricoles dans l'arrondissement de Civray et prit part à la discussion d'un texte de loi modifiant le taux des droits de douane sur les chevaux et mulets. Battu le 8 mai 1898 par son adversaire des élections précédentes - Brouillet, chef de cabinet de Cambon, gouverneur général de l'Algérie - qui obtint 5.190 voix alors qu'il n'en recueillait que 2.419, il se retira de la vie politique. Gusman Serph était président d'honneur du syndicat agricole de Civray, président cantonal du comice, membre de la société des agriculteurs de France. Il mourut le 26 mars 1902 à Savigné, dont il était maire, à l'âge de 82 ans. » ("dictionnaire des parlementaires français de 1889 à 1940" — Jean Jolly).
1862Louis Charles Auguste Serph, né le 19 septembre 1815 à Civray, était le fils de Charles Sylvestre et d'Émilie Caroline Vanhemer.
août 1870Gusman Serph. Second mandat.
mai 1892
Archives départementales
de la Vienne en ligne
,
Poitiers | Registre matricule
1877 | 369-1191, v. 41/167
Célestin Pierre Mathias Tralboux, dit "Célestin", né le 28 février 1857 à Savigné, était le fils de Louis et de Marie Poupart. Engagé conditionnel d'un an le 27 octobre 1876, il incorpora le 114e régiment d'infanterie et passa dans la disponibilité le 8 septembre 1877. Il intégra la réserve de l'armée active le 27 octobre 1881, puis épousa, le 4 juin 1882, à Savigné, Marthe Salliard, fille d'Eugène, propriétaire à Loing, et de Françoise Anaïs Pontenier. Le 1er septembre suivant, il fut nommé sergent. Il accomplit ses périodes d'exercice au 125e régiment d'infanterie, du 23 août au 20 septembre 1882, puis du 25 août au 21 septembre 1884, et passa dans la réserve territoriale au 68e, le 27 octobre 1885, dans lequel il accomplit une période d'exercice du 16 au 30 avril 1887. Il fut nommé adjudant le 18 janvier 1892. Rendu veuf, il se remaria, le 4 juin 1894, au même lieu, à Marie-Adelphine Sozeau, fille du buraliste Louis, et de Jeanne Fergé. Suite au décès du docteur Guillaud-Vallée, survenu en octobre 1895, et pour lui succéder au conseil général de la Vienne, canton de Civray, il fut élu le 5 janvier 1896 conseiller général de la Vienne à Civray, contre Gusman Serph, qui avait perdu la précédente élection contre Guillaud-Vallée lui-même en 1892, et également celle de la mairie de Savigné en 1888 contre Tralboux. Ce dernier était reconduit dans son mandat de maire en mai 1896, qu'il perdit 4 an plus tard contre Belhoir, beau-frère de Guillaud-Vallée. Il fut conseiller général jusqu'à son décès, survenu le 21 août 1920, à Savigné.
mai 1900Belhoir.
mai 1908André Bouyer, maire. Pierron, adjoint.
mai 1912André Bouyer, maire. Pierron, adjoint.
décembre 1919André Bouyer.
1922-mai 1925-mai 1929
Archives départementales
de la Vienne en ligne
,

Poitiers | Registre matricule
1876 | 411-1256, v. 136/172
Frédéric Léon Bouchet. Fils de François, propriétaire, et de Marie Bouchet, il naquit le 3 février 1856 à Bréhus, commune de Romagne. Parti le 10 décembre 1877 pour le 3e régiment d'infanterie de marine, en qualité de soldat de 2e classe, il fut nommé caporal le 21 août 1878, puis sergent le 3 août 1880. Il fut mis en congé de 6 mois renouvelable à compter du 17 novembre 1881 et passa dans la réserve de l'armée active le 1er juillet 1882. Pendant son service, il avait servi sur "la Creuse" du 21 juillet 1879 au 8 novembre suivant, puis en Nouvelle-Calédonie jusqu'au 4 juillet 1881, et enfin sur "le Rage" du 5 du même mois jusqu'au 10 septembre suivant. Il épousa, le 28 avril 1884, à Savigné, Marie-Louise Minot.
mai 1929Pierre Mercier
mai 1935Pierre Mercier
1945Adolphe Dominique Naud. Fils d'Adolphe Alexis Naud, cultivateur, et de Marie Gilot, il naquit le 30 avril 1905, à Chez Rantonneau de Savigné et mourut audit lieu le 10 juin 1984. Il y avait épousé, le 15 janvier 1927, Lucienne Deschamps.
1946Maurice Furet. Fils de Louis Furet, gendarme à cheval, et de Jeanne Mathilde Élisabeth Pérault, il naquit le 28 novembre 1896, en la demeure de ses parents, sise rue du Grand Four, à Civray. Il épousa, le 17 septembre 1921, à Savigné, Marcelle Louise Émilienne Bruneau, et y mourut le 2 mars 1952.
1952Fernand Touron.
1953Germain Rocher.
1958Fernand Touron. Second mandat.
1970Adolphe Dominique Naud. Second mandat.
1981René Massonnet.
2008Christian Grimaud.
2014Roland Vaillier.

lundi 17 novembre 2014

Copie des registres | 15 février 1790

Déclaration de messieurs les chapelains de la baye[1] de Charroux, enregistré le 15 février 1790

Extrait de la déclaration que rendent et par devans messieurs les officiers municipaux de la ville et paroisse de Charoux, messieurs les chapelains des chapeles de St Michel et de St Embroise dudit Charoux, des biens, droits et revenus des dittes chapelles.
Plus il est du audit collège, la rente noble noble de deux Bx[2] fromans, deux Bx seigle mesure de Civray, pour les deux dues sur la tenue des ageons[3] des dépendances du village de la Choffière, en la paroisse de savignié.
Plus une rente noble de quatre Bx seigle, même mesure de Civray, düe sur la tenue appelée des Embroisiens des dépendances du village du grand lizac, même paroisse de savignié, je certifie et affirme sincère et véritable le susdit extrait. Signié Laborderie, religieux de charroux et fondé de procuration de messieurs les chapelains de St Michel et de St Embroise de Charoux.
Plus est du au petit couvent une rente foncière de de douze boisseaux seigle, douze Bx avoine, mesure de Civray, et de deux chapons, sur le village et dépendances du village du chafaus sur la paroisse de savignié.
Plus une rante seconde de cinq livres en argent sur le pré de la darb, des memes dépendances et dans la même paroisse. Certifié et affirmé sincère et véritable, le susdit extrait : Laborderie — religieux et agent et syndic du chapitre de la baye de charoux.

[1] — l'abbaye
[2] — boisseaux
[3] — peut-être ajoncs

mercredi 12 novembre 2014

La margelle de Fayolle

Comme le signale Brouillet, il existe dans l'arrondissement de Civray « plusieurs fosses circulaires dont les dimensions offrent de grandes variétés. Ces dépréciations de terrain sont-elles uniquement le fait de la main de l'homme et les eaux, qui ont couvert la surface du globe, n'ont-elles pas ébauchés ces vastes entonnoirs dont le diamètre et la profondeur de quelques uns semblent éloigner toute pensée de travail humain ? Cependant, leurs positions presqu'uniformes sur des points culminants, près d'enceintes ou de quelques autres monuments présumés d'origine celtique, donnerait à croire que des hommes ont achevé ce que la nature avait peut-être commencé ». M. Ferret a reconnu, dans la cité de Limes auprès de Dieppe, des « habitations composées de fosses circulaires qui probablement étaient recouvertes de branches d'arbres, etc ».
La margelle (ou fosse) de Fayolle (fig. 1) est « située sur un vaste plateau et ne laisse voir autour d'elle aucun trace des terres qui en ont été retirées. Elle a, à peu près, 258 mètres de circonférence sur 6 à 8 m de profondeur. Au sud et à l'est, sur les bords de cet immense cône renversé, existent deux petites enceintes en terre, de forme allongée et irrégulière, faites dans un but de défense ».


L'enceinte au sud de la fosse, comme le décrit Brouillet, a « 24 m de l'ouest à l'est et 20 m du nord au sud »On y pénétrait par une seule porte bien visible et située à l'est. Des traces de fossés avec parapets venaient se relier à cette enceinte et s'étendaient du nord au sud (fig. 2). La seconde enceinte, située au nord-est de la fosse, a 27 m du nord au sud et 19 m dans sa plus grande largeur, de l'ouest vers l'est (fig. 3). Elles se composent de remparts de terre mêlée de pierres qui ont encore, dans certains endroits, près de 2 m de haut ; des fossés, au trois quarts comblés, mais encore apparents, étaient en avant de ces parapets ».
« L'endroit où sont situées ces enceintes et cette fosse est un point très culminant qui domine les terrains voisins, et qui fait face aux retranchements des Ages ».

Extrait de l'Indicateur archéologique
de l'arrondissement de Civraip. 275



Sources :

  • Indicateur archéologique de l'arrondissement de Civrai : depuis l'époque anté-historique jusqu'à nos jours, pour servir à la statistique monumentale du département de la Vienne, Pierre-Amédée Brouillet, 1865.

mardi 11 novembre 2014

Le Castel du Boux


Le Boux était une très humble gentilhommière du XVIème siècle.
Telle que la décrit Brouillet en 1865, « une petite tourelle ronde, isolée, servant de colombier, apanage de la noblesse, s'empresse de montrer aux passants l'écusson armorié de son seigneur et sa girouette rouillée qui crie sur son épis de maïs (voir ci-contre). Les fenêtres du logis sont carrées, divisées par des meneaux de pierre à moulures prismatiques. Les cheminées sont vastes et sans ornements.
Il appartient à la famille de Chergé ».

Le bâtiment existe toujours (en 2014). La tour a été démolie.



Sources :
  • Indicateur archéologique de l'arrondissement de Civrai : depuis l'époque anté-historique jusqu'à nos jours, pour servir à la statistique monumentale du département de la Vienne, Pierre-Amédée Brouillet, 1865 ;

samedi 1 novembre 2014

Édouard Buchey, chirurgien-dentiste du roi

Ier.

Rio de Janeiro, 1822. Pour obtenir la libération de son mari, le célèbre naturaliste Aimé Bonpland, retenu prisonnier par le dictateur du Paraguay, Adeline Bonpland se lance dans une véritable odyssée à travers les jeunes nations sud-américaines. De la cour de Pedro 1er au Brésil en passant par Buenos Aires, Montevideo, Santiago, Lima et La Paz, sa quête est marquée par les épreuves, le doute et les rencontres. Le charme ambigu qui nimbe sa personnalité va de pair avec le romanesque de sa vie. Ce récit vient combler le vide biographique qui entoure cet énigmatique personnage.

Tel est l’accroche du livre d’Alain Couturier1, transcrivant la vie d’Adeline Bonpland, de son vrai nom Anne Marguerite Delahaye, née en 1791 à Paris. De son premier époux François Boyer, qu’elle avait épousé — probablement par arrangement — en 1806, elle eut une fille Emma, en 1810, qu’elle emmena avec elle en Amérique du Sud, puis confia au couvent Saint-Michel de Paris. Emma, ayant trouvé une place de demoiselle de compagnie chez la princesse de Nassau, y rencontra Édouard Buchey, chirurgien-dentiste, protégée par Marie-Françoise Maximilienne de Monbarey, fille émigrée d’un ancien ministre de Louis XVI, et épouse du dernier prince de Nassau-Saarbruck. « J’ai un mari que j’adore, deux jolis enfants… Il me rend la femme la plus heureuse du monde », écrivait Emma en 1835.
Édouard Clémence Peuteste Buchey était le fils de Pierre et de Marie Delaroche. De cette ascendance, je n'ai que peu d'élément, si ce n'est que Pierre Buchey, artiste dramatique natif d'Angoulême et vivant à Cassel en Westphalie, mourut le 30 janvier 1814, à Mayence, à l'âge de 50 ans — fils de Nicolas Buchey et de Marie Biscuit, il s'agit donc très certainement du 4e Pierre, baptisé le 12 août 1760 à Saint-André. Il laissait son fils, adolescent de 14 ans.
Celui-ci épousa, Emma Boyer par contrat du 14 juillet 1830, devant Bouard. La cérémonie eut lieu le 15 janvier 1830, à Saint-Germain-l’Auxerrois de Paris, 1er arrondissement.
Édouard Buchey se voulait innovant dans sa profession : « Maladie des dents — M. Buchey, chirurgien dentiste, a fréquemment employé la monésia ; il a remarqué qu’il ralentissait la marche de la carie et la destruction des dents ; il a observé qu’uni à l’extrait d’opium et introduit dans la cavité d’une dent douloureuse, il avait souvent calmé les douleurs plus efficacement que l’opium seul. M. Buchey recommande l’usage habituel de la teinture pour entretenir le bon état des gencives2. »
Édouard Buchey décéda le 3 octobre 1852 à Paris, dans le 1er arrondissement ancien, et Emma Boyer mourut le 1er mars 1886 à Paris, 9ème arrondissement. D’après une lettre du notaire d’Emma, datée de 1874, à la commission de reconstitution des actes d’état civil de Paris, Édouard était né à Hambourg (Allemagne) en 1800, d’un père qui était négociant à Mayence (Allemagne). Dans une lettre datée de 1835, Emma indiquait que « la princesse de Nassau lui a tenu lieu de mère ».
Édouard Clémence Peuteste Buchey (~1800-1852), époux d'Emma Adeline Boyer
Marie-Ernestine Buchey
(1831-?),
épouse de Laurent Evasio Obiglio
Arthur Émilien Buchey
(1835-1888),
époux de Marie Marques
Marie-Emma Buchey
(1837-1914)
Pauline Annette Obiglio
(1853-?),
épouse d'Eugène Cretté
Irma Marguerite Obiglio
(1858-?),
épouse d'Alfred Bazile Colas
Germaine Olivia Colas
(1883-1951)

Arthur Émilien Buchey, naquit le 16 janvier 1835 à Paris. Il était receveur des contributions directes à Mascara (Algerie), lorsqu’il épousa, le 10 novembre 1875, en la dite ville, Marie Marques, née le 12 janvier 1850 à Alger, fille de feu Christoval Marques et de Magdalena Mercadal. Au décès de sa mère, il tenait la même charge à Dellys (Algérie), et il mourut le 28 février 1888 à Mustapha (Algérie). Sa veuve vécut par la suite à Alger, où elle mourut le 29 septembre 1906.
Marie Emma Buchey, professeur de piano, demeurant à Paris, n°7 place Breda (actuellement n°35 rue du Rocher), naquit le 22 septembre 1837, à Paris, ancien 1er arrondissement, et mourut en 1914. 
Marie-Ernestine Buchey, aînée des enfants d’Édouard Buchey et d’Emma Boyer, naquit le 6 janvier 1831, à Paris, ancien 3ème arrondissement. Elle épousa, le 10 novembre 1852 à Paris, ancien 1er arrondissement, Laurent Evasius Marie Obiglio, chirurgien dentiste, qui mourut le 29 juin 1858 dans l’ancien 1er arrondissement. En 1886, à la mort de sa mère, elle était internée à l’asile psychiatrique de Charenton-Saint-Maurice (Val-de-Marne), ayant pour tuteur Étienne Molly, rentier à Tournan (Seine-et-Marne). Pauline Annette, leur fille aînée, née le 9 août 1853 dans l’ancien 1er arrondissement de Paris, épousa, le 6 avril 1881, à Paris, 9ème arrondissement, Eugène Cretté, commis d’agent de change à Maisons-Laffitte, né le 20 février 1851 à Versailles, fils de Prosper Louis Cretté et de Félicie Léonie Meysenberg. Elle était, avec sa sœur, bénéficiaires du testament de leur grand-mère Emma Boyer, déposé le 2 mars 1886 chez maître Duplan, notaire à Paris (avec un inventaire après décès du 15 juin suivant auprès du même notaire, de même que le règlement de la succession réalisé le 17 juillet 1886).

II.

Sa sœur, Irma Marguerite, naquit le 13 juin 1858 dans l’ancien 1er arrondissement de Paris, et épousa, le 24 novembre 1886 à Paris, 8ème arrondissement, Alfred Bazile Colas, ingénieur, né le 27 décembre 1848 à Acquinis (Yonne), fils de Charles Téchy Colas et de Marie Angélique Navotte. Ils légitimaient une fille née avant leur union : Germaine Olivia Colas. Celle-ci naquit en effet de père et mère inconnu, mais fut par la suite reconnue par ses parents par acte du 23 mars 1886 passé devant Georges Magese, notaire à Paris. Il eut une vie d’aventurière et d’escroqueuse, faisant la une des quotidiens du début du XXe siècle. Entre autres, durant l’été 1934, se disant « baronne de Wallenstein », elle vola de nombreux ouvrages originaux chez des libraires crédules, acceptant ses explications d’un projet de librairie française à Bueno Aires. Elle fut arrêtée l’année suivante, et condamné à deux ans de prison (il s’agissait de sa quatrième condamnation).
Le 5 février 1938, les autorités l’arrêtèrent dans un hôtel parisien, 32 rue Joubert, après avoir dérobé pour 320.000 francs d’objets d’art à un amateur américain, qui les lui avait confiés. A ce moment-là, l’escroqueuse était connu dans toute l’Europe sous les noms de Claire Gérard, de Gérard de Jorsels ou de Mme de Wallenstein. 

L'Humanité,
6 février 1938
Le Populaire,
6 février 1938

Elle décéda le 30 octobre 1951 à Villejuif (Val-de-Marne).



1 — Adeline Bonpland, voyage dans l’Amérique des Libertadores, par Alain Couturier, 2012
2 — Annales de Médecine Belge et étrangère, par J.-E. Lequime, tome 1er, 1841, p. 161.

dimanche 21 septembre 2014

lundi 7 juillet 2014

Tranche-Montagne

Tiens, l'autre jour, j'avais un déplacement sur l'île de Ré et ma route a croisé l'imposant Fort de la Prée. J'ai aussitôt pensé à Tranche-Montagne, personnage énigmatique originaire de Savigné, l'un des invalides relevés par la base de données de l'Hôtel des Invalides.



Le Fort de la Prée, d'après le Conseil Général de la Charente-Maritime, est le plus ancien témoignage de la fortification classique du département. Construit en 1625 sur l'ordre de Toiras par d'Argencourt et Le Camus, son plan adopte la forme d'une étoile à quatre bastions effilés reliés par des courtines semi-circulaires « en cul-de-chaudrons » et doublés par une enveloppe côté front de terre. En 1627, les troupes françaises l'utilisent pour prendre à revers l'armée de Buckingham stationnée à Saint-Martin-de-Ré. L'étroitesse du fort obligera l'architecte Blondel sur ordre de Colbert a agrandir ses défenses par une deuxième enceinte en 1664 puis une troisième en 1672. Le fort, considéré par Vauban comme « de peu d'intérêt », sera armé jusqu'en 1875, et déclassé en 1934.

Vue du Fort

Actuellement, des travaux sont en cours pour restaurer une partie du rempart à la mer. Sollicités par la mer en février 2010, lors de la tempête Xynthia, 100 mètres de rempart sont rénovés avec des pierres de tailles provenant de la Vienne et mise en oeuvre suivant les techniques habituelles.



Tranche-Montagne, alias Pierre Petit, naquit à Savigné vers 1668. Lorsqu'il fut inscrit dans les registres de l'Hôtel des Invalides, le 19 octobre 1721, il était sergent du sieur de Laudun, dans le régiment de Navarre, dans lequel il avait servi pendant 34 ans. Son congé, daté du 7 juillet précédent, était motivé par de nombreuses blessures reçues en diverses occasions, qui le mit « hors service ».
Il fut l'un des soldats réformés envoyés dans la compagnie des Invalides en poste au Fort de la Prée, où il mourut le 25 juillet 1724.
J'avais déjà croisé ce personnage sur un acte, trouvé dans le fond Deschamps, notaire à Civray. Par acte de février 1706, il confiait ses biens et héritages aux époux Berger, demeurant au village de Chez Tribot, paroisse de Savigné, en attendant son éventuel retour au pays. En cas de décès, les époux Berger en héritaient, sans contrepartie a priori.