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samedi 12 avril 2014

Copie des registres | 8 février 1790

Déclaration des dames religieuses de Civray, enregistré le 8 février 1790

Déclaration des biens que possèdent les dames religieuses bénédictines de la ville de Civray, en la paroisse de Savigné.
Elles possèdent en biens mobiliers et immobiliers et pour satisfaire au décret de l'assemblée nationale du 13 novembre 1789, elles déclarent premièrement une métairie située au village de Lizac, paroisse de Savigné, affermée au nommé Juchaud, la somme de deux cent vingt livres depuis peu de temps. Elle est taxée par les dites dames religieuses, signé : soeur Ferrier, prieure, soeur Faruau, soeur de la Lotterie, dépositaire.

vendredi 11 avril 2014

Copie des registres | 7 février 1790

Aujourd'hui, le septième février mil sept cent quatre vingt dix, en vertu d'une appointement accordé aux habitants de la municipalité de Savigné en Civray, en date du dix neuf janvier dernier, sur une requête par eux représentés à messieurs les officiers, procureur, syndic du département de Poitiers, partant en date le quatre janvier mil sept cent quatre vingt dix, par lequel appointement, ils sont autorisés à nommer pour cette année deux autres collecteurs qui ramasseront conjointement avec les collecteurs ci-devant nommés, et dont les noms ont été envoyés au département les impositions de la susdite paroisse.
En conséquence de l'autorisation à nous donnée par les syndics du département, nous, maire, officiers municipaux et membres de la susdite communauté, nous avons nommé pour collecteurs Louis Lacroix, laboureur du village de la Martinière, et Jean Boutelant, laboureur, demeurant au village de Champagné, pour ramasser conjointement avec les collecteurs ci-devant nommés les impositions de la susdite paroisse à Savigné, les jour mois et ans que dessus.
Ensuite nous avons nommés pour collecteurs de la susdite paroisse, pour aider aux collecteurs de mil sept cent quatre vingt onze, dont les noms sont aussi envoyés au département et qui ramasseront conjointement avec ces derniers les impositions de la susdite paroisse le nommé Jacques Bouyer, charpentier, demeurant au village de Montazais, et Jean Trouvé, laboureur, demeurant au village du Boux, ledit jour, mois et an que dessus.
Signé : Debenest, maire de Savigné en Civray, Touzalin, archiprêtre de Gençay, curé de Savigné, Moreau, J. Blanchard, Brunet, Caillé, J. Tribot, Jean Bert, A. Bonnin, Imbert, G. Imbert, Pressac, greffier, Albert

jeudi 10 avril 2014

Copie des registres | 31 janvier 1790 (suite)

Aujourd'hui, trente unième jour de janvier mil sept cent quatre vingt dix, nous, maire, officiers municipaux et notables composant le conseil général de la commune de Savigné, nommés par le procès-verbal de ce jour.
En conséquence de l'article trente deux des lettres patentes du roi, du mois de décembre dernier, sur le décret de l'assemblée nationale du quatorze dudit mois, mois de décembre dernier, publiées et affichées, avons nommé pour secrétaire greffier de la dite commune, le sieur Jean Marie Pressac de la Forgerie, qui a par devant nous accepté sa commission et prêté serment de remplir fidèlement ses fonctions, et a avec nous signé le présent procès-verbal, à Savigné, le jour et an que dessus.
Signé : Debenest maire, Touzalin, archiprêtre de Gençay, curé de Savigné, Brunet, Moreau, J. Caille, J. Blanchard, Imbert procureur, Pressac, greffier, Albert, J. Tribot, J. tenault, Jean Bert, Imbert B., A. Bonnin.

mercredi 9 avril 2014

Copie des registres | 31 janvier 1790

Aujourd'hui, trente unième janvier mil sept sent quatre vingt dix, en conséquence et conformément aux lettres patentes du roi données à Paris au mois de décembre dernier, sur le décret de l'assemblée nationale du quatorze du même mois, conservant l'établissement et l'organisation des municipalités du royaume.
Les dits citoyens actifs de la paroisse de Savigné en Civray, et communauté précédemment convoqués, en conséquence des dites lettres patentes, lues, publiées et affichées tant au prône de la messe paroissiale qu'à la porte de l'église de la dite paroisse, et assemblées au son de la cloche à la manière accoutumée à l'issu de la première messe de la dite paroisse, en la dite église, au nombre de soixante neuf, suivant et conformément aux dites lettres patentes et décrets, il a été procédé :
Premièrement, pour la voix du scrutin à la nomination d'un président et d'un secrétaire de l'assemblée et par le résultat dudit scrutin, recueilli et dépouillé par les sieurs Louis Minereau, le nommé Tenault et le nommé Lucquiaud, les trois plus anciens d'âge de la dite paroisse, la pluralité des suffrages pour le président de l'assemblée s'est trouvée en faveur de monsieur Jean-Baptiste Touzalin, curé de Savigné et archiprêtre de Gençay, et pour secrétaire pour le sieur Jacques Marie Pressac de la Forgerie, qui ont prêté serment devant la commune de maintenir de tout leur pouvoir la constitution du royaume, dêtre fidèle à la nation, à la loi et au roi, de choisir en leur âme et conscience les plus dignes de la confiance publique, et de remplir avec zèle et courage les fonctions civiles et politiques qui peuvent leur être confiées, lequel serment a été également prêté pour les dits citoyens devant le dit président.
D'après quoi, il a été en second lieu procédé par la voix du scrutin de l'être à la nomination de trois scrutateurs et pour le dit dépouillement dudit scrutin fait ainsi que celui du scrutin ci-dessus par les dits trois plus anciens d'âge de l'assemblée, il en résulte que les dits Louis Minereau, Jean Blanchard et Pierre Lucquiaud, ont été nommés scrutateurs de la dite assemblée.
Il a été en troisième lieu précédé à la nomination du maire par la voix du scrutin individuel à la pluralité des suffrages, par le résultat et le dépouillement duquel a été nommé pour maire le nommé Jean Debenest, du village de Lizac.
En quatrième lieu, il a été procédé par la voix du scrutin de liste double aussi à la pluralité absolue des suffrages à la nomination du premier officier municipal et, par le dépouillement du scrutin, a été nommé monsieur Touzalin, archiprêtre de Gençay et curé de Savigné, susdite paroisse.
En cinquième lieu, il a été aussi procédé par la voix du même scrutin et toujours à la pluralité absolue des suffrages, à la nomination du second officier municipal et par le dépouillement dudit scrutin, a été nommé Benoist Brunet.
Sixièmement, et toujours de la même manière, il a été procédé à la nomination du troisième membre municipal, et par le dépouillement du scrutin, a été nommé Jean Moreau, de Vergné.
Septièmement, et toujours de la même manière, il a été procédé à la nomination du quatrième membre municipal et par la voix du scrutin, a été nommé Jacques Caillé.
Huitièmement, enfin, et toujours de la même manière que ci-dessus, il a été procédé à la nomination du cinquième membre municipal, et par dépouillement dudit scrutin, a été nommé Jean Blanchard.
Il a été ensuite procédé à la nomination d'un procureur de la commune, par la voix du scrutin individuel à la pluralité absolue des suffrages, et par le dépouillement dudit scrutin, a été nommé le sieur Guy Imbert, chirurgien, lesquelles nominations, faites desdits officiers municipaux et procureur de la commune, ont prêté serment devant la commune de maintenir de tout leur pouvoir la constitution du du royaume, d'être fidèle à la nation et au roi.
Lesdits officiers ont été proclamés par les sindic et officiers municipaux ci-devant en exercice de la dite paroisse et communauté.
Ensuite il a été procédé à la nomination de douze notables par le scrutin de liste à la simple pluralité relative des suffrages, par le dépouillement et le résultat duquel ont été nommés les sieurs Pierre Moreau, de Villeneuve, Jean Vergaux, Pierre Albert de Combourg, Jean Tribot, Jean Bert, Pierre Imbert Belâbre, Antoine Bonnin de la Coratière, Jean Fretier, Jean Guitton, François Provost, Jacques Tenaud, et Jean Bonnin dit Élie ; et après la nomination et serment ci-dessus faits et acceptés, nous, président, secrétaire, maire, officiers municipaux, notables et citoyens actifs de la dite paroisse et communauté de Savigné, avons clos et arrêté le présent procès verbal, les jours, mois et an, que dessus et que nous avons signé : Touzalin, archiprêtre de Gençay, curé de Savigné, président, Debenest, maire, Brunet, Moreau, J. Caillé, Imbert, procureur, Blanchard, Jean Bert, Albert, Tribot, Tenault, Imbert B., A. Bonnin, Pressac, greffier.

mercredi 2 avril 2014

Copie des registres | 22 novembre 1789

Aujourd'hui, dimanche vingt deux de novembre mil sept cent quatre vingt neuf, nous, notable et syndic de la municipalité de Savigné en Civray, nous sommes assemblés à l'issue de la grande messe paroissiale et avons fait tirer la cloche pour faire ladite assemblée afin d'annoncer aux privilégiés de venir faire leur déclaration de ce qu'ils possèdent, afin d'être taxés pour les six derniers mois de mil sept cent quatre vingt neuf, conformément à l'ordonnance et proclamation du roi en date du quatorze octobre mil sept cent quatre vingt neuf, et avons signé : Imbert, Albert, Brunet, Imbert Syndic, Pressac Greffier.

mardi 1 avril 2014

Copie des registres | 4 octobre 1789

Aujourd'hui, dimanche, le quatre octobre mil sept cent quatre vingt neuf, nous soussignés, membres de la communauté de la paroisse de Savigné en Civray, nous nous sommes assemblés au lieu accoutumé pour procéder à la nomination des collecteurs pour l'année mil sept cent quatre vingt onze ; nous avons choisi Jean Moreau, demeurant Chez Cardin prêt les Pigeries, de la première classe, et Jean Rousseau père, demeurant à Champagné, de la seconde, et ensuite on a procédé à la nomination des ajoints qui doivent être présents avec nous dans les impositions à jeter pour l'année 1790, et a été nommé à la pluralité des vois Jean Tribot père, sacristain, Pierre Bonnet de Vergné, et Pierre Prieur, lesquels ont accepté leur commission, et ont signés avec nous, à l'exception de Bonnet, qui a déclaré ne savoir signé, de ce enquis. Signé : Touzalin, achiprêtre de Gençay, curé de Savigné, Imbert, Albert, Minot, Brunet, Pierre Prieur, J. Tribot, Imbert, syndic.

mardi 31 décembre 2013

Manifestation diabolique à Loing le 29 novembre 1906


Ce récit, découvert grâce à M. et Mme Péchereau (à qui je dédie cet article), propriétaires à Loing, présente la description par le curé Grelet d'un événement censé avoir été surnaturel, survenu au début du XXe siècle dans la ferme dudit lieu. Hystérie collective, intoxication au monoxyde de carbone, ou tout simplement apparition diabolique ? Le débat est ouvert et les avis trancheront. Et si le fantôme de Jean-Nicolas Buchey était venu hanter les métayers, près de 168 ans après sa mort ?

Le jeudi soir, 29 novembre, le fait suivant se produisit à la métairie de Loing, située près du bourg de Savigné.
Un vigoureux jeune homme de 20 ans, forte tête, René Racoffier, originaire de Civray et domestique à Loing, s'amusait, pour occuper la veillée, en compagnie d'un autre jeune homme de Savigné, Pierre Métayer, âgé de 26 ans, des deux filles de la métairie, Marguerite Gautron (18 ans) et Louise Gautron (14 ans), et de la veuve Gautron, leur grand-mère, âgée de 77 ans, à faire tourner une clef, d'après les indications d'un livre de magie.
Il y avait près de deux heures qu'ils se livraient à ce jeu défendu, malgré les conseils de la veuve Gautron qui leur disait de cesser : « allons, finisser donc, disait la veuve Gautron, et, ajoutait-elle, sans vouloir de mal cependant, je voudrais que le diable descende par la cheminée et vous prenne par les oreilles — uh ! bah ! répondit Racoffier en riant, le diable, je n'ai pas peur de lui ! », quand tout à coup, sur les 10 heures, René Racoffier, qui riait des recommandations et de la crainte de la veuve Gautron, aperçut devant lui une ombre qui lui troubla la vue. Au même moment, il se sentit saisi par la tête et fut, à plusieurs reprises, soulevé de terre, à la vue de tous les assistants, comme par quelqu'un qui aurait cherché à l'emporter.
Le chapeau de Pierre Métayer, qui était assis à côté de René Racoffier, fut projeté en même temps au milieu de la chambresans que personne n'y eut touchéLa veuve Gautron, qui était assise au coin du feu, sentit comme un fort courant d'air descendre de la cheminée et passer devant sa figure. Elle vit aussi comme une fumée autour de René Racoffier.
Le cri d'effroi que poussa ce dernier, quand il se sentit ainsi saisi et enlevé, fut tel que tous les autres furent grandement épouvantés et, à l'appel qu'il lança avec des accents désespérés : « allez chercher Mr le curé ! Aller vite chercher Mr le Curé ! », on vint me mander en tout hâte à 10 heures 1/2. Quelques minutes après, j'arrivai à la maison où ce fait étrange venait de se produire. Le pauvre jeune homme était bien un peu revenu à lui, mais la frayeur qu'il avait éprouvée avait produit une telle consommation au cerveau que sa vue se troublait encore par moments. Alors il déclarait voir une fumée épaisse, et il se prenait à crier d'une manière effrayante, en tremblant de tous ses membres, comme un enfant affolé par la peur.
Après avoir donné les conseils que je devais donner en pareille circonstance, je reçus, avant de partir, la confession du jeune homme en question. Le lendemain matin, il vint assister à la sainte messe et il y communia, sans que rien d'anormal ne parut en lui.
La nouvelle de ce fait se répandit très vite et l'émotion fut grande dans toute la paroisse.
Dès le lendemain, René Racoffier quitta la métairie et retourna chez ses parents à Civray, rue du Moulin Neuf. Il a pleinement l'usage de sa raison, mais il est toujours, la nuit surtout, sous le coup de la peur qu'il a éprouvée. Il a même déclaré à monsieur l'Archiprêtre de Civray qu'une fois depuis, il a entendu devant sa figure comme un bruit sec et vu ensuite des étincelles.
La "Semaine Religieuse du diocèse" a rapporté ce fait dans son numéro du 9 décembre 1906 et je le transcris ici avec plus de détails, le 5 janvier 1907, en le certifiant conforme.
J. Grelet, curé de Savigné

René Racoffier, le principal protagoniste de cette histoire, était le fils de Pierre, sabotier, et de Marie Grimaud. Il naquit sous les prénoms de Pierre René Victor, le 26 avril 1886, au domicile parental, rue du Moulin Neuf, à Civray.

Son compère, Pierre Métayer, fils de Pierre et de Françoise Marie Coquillaud, naquit le 8 janvier 1881 à Lizac, village de Savigné.


La veuve Goutron, née Marie Petit, naquit le 31 mai 1830 à Châtain. Fille de Louis et de Françoise Robin, elle épousa, le 25 février 1851, dans sa commune natale, François Goutron, né le 4 janvier 1813 à Benest (Charente), fils de François et de Marie Dumousseau. Colon au village de Chez Meunier, il mourut à Asnois, le 17 janvier 1880. Marie Petit, et ses fils, Jean et François, et leurs familles, vinrent s'installer à Savigné, quelques années plus tard. François, né le 18 juin 1861 à Benest, avait épousé, le 4 février 1884 à Asnois, Anne Vallade, fille de mes ancêtres François et Marie Dardillac. De leur union, ils eurent, au moins, Eugène, né en 1885 à Asnois, puis Marguerite, née en 1887 à Savigné, et la petite Annette, dite Louise, née en 1893 à Pleuville (Charente). Au début du XXe siècle, la famille prit la charge de la métairie de Loing. Le destin voulut donc que les deux fillettes, mentionnées dans l'histoire, me soient intimement liées : elles étaient les cousines germaines de mon arrière-grand-père Myrthil :





François
Vallade
1837-?




















Anne
Vallade
1865-1947



Constant
Vallade
1878-1955
















Marguerite
Goutron
1887-1965
Annette
Goutron
1893-?

Myrthil
Vallade
1907-1995














Michel
Vallade
1932-2011














ma maman














et moi !



L'abbé Grelet
(source Revue de

Mycologie et
G. Fourré, 1985,

et site ici)
Louis Joseph Grelet naquit le 8 octobre 1870 audit lieu. Fils de Louis, cultivateur et propriétaire, et d'Henriette Baronnet, institutrice, mariés le 9 octobre 1865 à Vallans (Deux-Sèvres), le futur prêtre a fréquenté le collège Saint-Hilaire de Niort et à Poitiers. Il se consacra également à l'enseignement des mathématiques. Abbé au collège de Rom (Deux-Sèvres) en 1893 et curé des Fosses (Deux-Sèvres) cette même année, puis, l'année suivante, curé à Nueil-sous-les-Aubiers, il était un homme qui s'intéressait tout particulièrement à la botanique. Il pensait, en 1905 que "les terres de Savigné (Vienne), toutes cultivées, doivent être assez pauvres au point de vue botanique. Il n'en serait peut-être pas de même des environ d'Availles-Limousine, dont il a souvent entendu parler" (bulletin de la Société Botanique des Deux-Sèvres, 1905). Il établit des herbiers de la région, qu'il abandonna presque aussitôt pour se consacrer aux champignons et publia, en août 1900, le Manuel du mycologue amateur ou les champignons comestibles du Haut-Poitou (librairie H. Boulord, à Niort). Il devint, au début du XXe siècle, l'une des seules références françaises en mycologie. Vicaire de l'église Saint-Jean-Baptiste de Châtellerault à partir de 1895, il fut par la suite curé de Savigné, dès 1901, et il mourut le 25 janvier 1945 (source Wikipedia italien).

Dans son récit, le curé racontait que cet événement marqua les esprits dans le petit bourg. L'écho de Civray, hebdomadaire local, s'en émut, et publia peu après l'article suivant, retrouvé aux Archives départementales de la Vienne :


L'Écho de Civray, n°49, jeudi 6 décembre 1906

Et le curé Grelet rajouta cette brève note, à la fin de son récit :

Le 23 janvier 1907, j'ai enterré la veuve Gautron, décédée presque subitement.
J. Grelet, curé de Savigné

La mort de Marie Petit, en effet, fut inscrite dans les registres de l'état-civil :

Archives en ligne, Savigné,
D - 1903-1909, v.62/98